| jeudi 30 novembre 2006, a 11:56 |
| au grand mot, le grand rhum aide... |
Panne sèche ( Rob Roberge. Série noire. 334 p. 20 €) est un polar déjanté de chez déjanté... Irrésistible. Une histoires de paumés , de losers : losers ils sont, losers ils restent...pour notre plus grand plaisir de lecteur.
Avec, en prime, cette citation de Preston Sturges (tirée de Palm Beach Story ):
C'est l'une des tragédies de cette vie : ce sont toujours ceux qui ont besoin d'une bonne raclée qui sont les plus costauds.
à bientôt,
Le Scribe.
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| jeudi 23 novembre 2006, a 19:13 |
| rencontre avec un "petit éditeur" |
L’assistance était nombreuse au Scribe lundi soir pour rencontrer Claude Rouquet, le fondateur de L’Escampette, maison d’édition qu’il a créée en 1993, et qui a publié Pinocchio et Robinson d’Alberto Manguel qui est l’invité des Lettres d’automne, festival littéraire qui se déroule actuellement à Montauban.
L’éditeur selon Claude Rouquet est d’abord un grand lecteur, ce qui le rapproche d’Alberto Manguel… Pour lui les vraies maisons d’édition - grandes ou « petites » - se reconnaissent à la cohérence de leur catalogue et cette cohérence c’est… le goût de l’éditeur. Il donne en exemple Christian Bourgois qui publie essentiellement de la littérature étrangère et auquel de nombreux lecteurs accordent leur confiance.
Eclectique dans ses goûts Claude Rouquet, qui privilégie la qualité de l’écriture, a publié de la poésie dont celle du portugais Al Berto, ainsi que des textes en français de Christian Garcin - parmi lesquels Piero ou l’équilibre sur Piero Della Francesca - et d’Allain Glykos dont Faute de parler un texte magnifique sur la mort de la mère.
Claude Rouquet nous a aussi parlé avec émotion des multiples témoignages de sympathie qu’il a reçus lorsqu’à la suite de l’incendie des entrepôts des Belles Lettres, son distributeur, en 2002, il s’est retrouvé éditeur sans… livres.
Un « petit éditeur » mais grand par le talent, l’audace, la ténacité… qui a besoin des libraires indépendants pour montrer et défendre ses livres. J’y reviendrai…
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| jeudi 16 novembre 2006, a 17:47 |
| Une réflexion d’Erri De Luca sur les livres |
En exergue de son livre On s’est rencontré simplement (Le reflet. 264 p. 17,80 €) qui reproduit ses rencontres avec des livres, des auteurs, Martine Laval, grand reporter à Télérama cite un extrait des Trois chevaux (Folio. 140 p. 3,90 €) d’Erri De Luca :
« Je lis des vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d’un livre peut appartenir à plusieurs vies. Les livres devraient rester sans surveillance dans les endroits publics pour se déplacer avec les passants qui les emporteraient un moment avec eux, puis ils devraient mourir comme eux, usés par les malheurs, contaminés, noyés en tombant d’un pont avec les suicidés, fourrés dans un poêle l’hiver, déchirés par les enfants pour en faire des petits bateaux, bref ils devraient mourir n’importe comment sauf d’ennui et de propriété privée, condamnés à vie à l’étagère. »
n.b. Je précise que nous ne sommes pas bouquinistes : nous ne vendons que des livres neufs appelés à viellir en rayon s'ils ne trouvent pas preneur...
Erri De Luca, né à Naples en 1950, est un auteur que nous aimons bien au Scribe. Je vous recommande Tu, moi (Rivages poche.132 p. 6,85 €) une histoire d’amour entre adolescents durant un été des années cinquante dans une île de la mer Tyrrhénienne (chroniqué sur notre site : http://www.lescribe.com dans la rubrique "10 ans de coups de cœur : romans" en page 10), ainsi que Montedidio (folio. 230 p. 4,90 €), histoire d’une enfance à Naples dans l’immédiat après-guerre.
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| samedi 11 novembre 2006, a 18:37 |
| En Corée toujours : je craque pour un manhwa... |
Je profite de cette journée fériée du 11 novembre pour lire de bon matin.
Beaucoup de gens me disent aimer lire le soir pour s’endormir. Pour s’endormir ? Mais si le livre est bon il doit, au contraire, tenir éveillé et s’il est mauvais pourquoi le lire ?…
Je suis plongé dans Train de nuit pour Lisbonne (Maren Sell) de Pascal Mercier – un Suisse allemand, comme son nom ne l’indique pas – et L’heure et l’ombre (L’esprit des péninsules) de Pierre Jourde, deux bouquins que je déguste et que je chroniquerai certainement si le plaisir de lecture reste aussi vif, ce que j’ai tout lieu de penser.
En interlude je savoure un auteur coréen de manhwa – l’équivalent coréen du manga japonais– que m’a vivement recommandé la toute nouvelle librairie manga-b.d. ouverte à Montauban.
Il s’agit de Kim Dong Hwa, né en 1950 à Séoul, qui vient d’être publié en France.
Je suis tombé sous le charme des trois volumes parus de La Bicyclette Rouge (Paquet).
Il s’agit donc de bandes dessinées : des histoires courtes – 4 pages, en général – merveilleusement illustrées en couleurs. Nous sommes dans une Corée campagnarde et traditionnelle et suivons un jeune facteur à la bicyclette rouge. Il va déposer le courrier à des adresses telles que : la maison jaune dans la verdure, la maison que l’on voit entre les deux pins siamois, la maison des oiseaux qui se reposent,… Dans la boite aux lettres du poète il trouvera toujours un poème pour le remercier. Et si la maison blanche n’a pas de courrier notre facteur déposera un bouquet de fleurs sauvages, sonnera deux fois et en retour une femme lui fera un petit signe de sa main blanche derrière les rideaux.
C’est tout sauf mièvre. C’est bourré de tendresse, d’humour, de sensibilité et c’est formidablement dessiné.
Une précision : ça se lit dans le sens … habituel pour nous, au contraire des mangas traditionnels.
Je pense que petits et grands prendront un vif plaisir à cette lecture.
J’ai tellement envie de vous faire partager le plaisir que j’ai ressenti à cette lecture que si vous ne tombez pas sous le charme de cette Bicyclette Rouge, je m’engage à vous l’échanger (vous aurez un « avoir » du montant en cause)…pour autant que vous l'ayez commandée à ma librairie (Le Scribe à Montauban ) !
n.b. Les deux premiers tomes (140 et 170 pages) sont au prix de 9,95 € ; le troisième (204 pages) est au prix de 11,95 €. Des prix contenus pour des ouvrages de cette qualité, hauts et forts en couleur.
Le même Kim Dong Hwa publie chez Casterman (collection écritures) Histoire Couleur Terre Tome 1 (312 pages. 15,95 €) qui raconte – en noir et blanc cette fois – l’évolution d’une petite fille de sept ans, Ihwa, qui découvre la vie au fil des saisons dans la campagne coréenne. Sa maman, jeune veuve qui va redécouvrir l’amour, l’accompagne sur le chemin difficile de l’adolescence depuis l’éveil de la sexualité jusqu’à l’apparition des premières règles. Tout cela est traité avec beaucoup de naturel et de sensibilité. Et les dessins sont remarquables.
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| jeudi 09 novembre 2006, a 19:06 |
| ventes et méventes |
Je suis toujours surpris, voire légèrement exaspéré, lorsque je lis dans les magazines les classements des meilleures ventes de livres. Elles correspondent rarement aux miennes, ni, car j’en parle avec eux, à celles de mes confrères, libraires indépendants. Dans les panels retenus le poids des « grandes surfaces culturelles » - et donc l’effet « pile » - est important et vient fausser la face du résultat.
Heureusement depuis quelque temps nous disposons, grâce au Syndicat de la Librairie Française, d’une autre source qui nous donne les meilleures ventes des seules librairies indépendantes. Et les différences sont sensibles. Jugez-en plutôt :
Dans le classement Ipsos/Livreshebdo/Le Nouvel Observateur publié aujourd’hui 9 novembre 2006, Lignes de faille (Actes Sud) de Nancy Huston - Prix Femina 2006, un superbe livre, une fois encore ces dames du Femina ont fait un choix remarquable - se trouve en vingtième position, alors que dans « notre » classement – celui des libraires indépendants – il se trouve en deuxième position derrière Les Bienveillantes (Gallimard) de Jonathan Littell, lui, sans surprise, en tête des deux listes.
Dans le même classement Ipsos pas de trace dans les 25 « livres stars » listés de l’émouvant, tendre, sensible et pudique livre d’André Gorz Lettre à D. Histoire d’un amour (Galilée) qui est en 5ème position chez les libraires indépendants…
Et comme beaucoup de gens choisissent leur livre en consultant les listes des meilleures ventes, vous comprendrez la raison de mon irritation !
Tenez, voici deux livres qui ne figurent pas dans les listes de vos magazines favoris et que je vous recommande : L’homme qui marchait avec une balle dans la tête, un premier roman très réussi de Philippe Pollet-Villard (Flammarion. 344 p. 19 €), l’histoire d’un homme qui tout jeune a décidé de vivre libre comme un gangster plutôt que de mourir d’ennui dans une vie ordinaire, et Comment va la douleur ? de Pascal Garnier (Zulma.. 188 p. 16 €), une savoureuse histoire de cabossés de la vie, pleine de cynisme désenchanté, de tendresse, d’humour gris où l’on ressent du vague à l’homme…
Pour en savoir plus sur ces deux livres rendez-vous sur notre site : http://www.lescribe.com vous y trouverez chroniqués de nombreux autres ouvrages et une sélection de dix ans de « coups de cœur » : éclats de lire que vous pourrez télécharger.
Belles lectures ! |
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| mardi 07 novembre 2006, a 13:56 |
| Epris de prix...littéraires ? |
De passage à la Foire du Livre à Brive - 25ème édition - dimanche dernier, je retrouve avec plaisir, comme chaque année, Richard Millet qui arbore un large sourire, ce qui est assez rare et lui va fort bien. Comme auteur de Dévorations chez Gallimard, un livre qui marche bien, et comme éditeur des Bienveillantes (aussi chez Gallimard), un succès exceptionnel qu'il n'avait pas prévu, il ne peut qu'être comblé. Il espère le Goncourt pour ces Bienveillantes, ce qui donnerait au livre un élan nouveau, beaucoup d'acheteurs embarrassés par l'importance de la production éditoriale se fiant à ce prix. Voici donc son souhait exaucé !
J'aurais personnellement préféré que ce prix, plutôt que d'aller à un livre déjà encensé par la critique et numéro un des ventes, soit attribué à un livre d’un auteur à découvrir, ou à tout le moins à un écrivain qui n’a pas encore le large lectorat qu’il mérite. Comme l’ont fait ces dames du Femina en récompensant le très beau Lignes de faille de Nancy Huston.
Ouest de François Vallejo (Viviane Hamy) ou L’Amant en culottes courtes d’Alain Fleischer, tous deux en sélection finale du Goncourt, auraient fait, à mon avis, un bon Goncourt. Mais l’esprit du Goncourt est respecté puisqu’il s’agit de récompenser un ouvrage d’un écrivain peu connu : qui avait entendu parler de Jonathan Littell il y a trois mois ?
Quant au Renaudot, là encore, que n’a-t-il récompensé Verre cassé le premier livre d’Alain Mabanckou, celui qui l’a fait connaître, à mon avis, meilleur que ces Mémoires de porc-épic (Seuil) !
Pour moi libraire indépendant, les prix littéraires restent importants. Ils sont une occasion de dialogue avec des lecteurs confirmés et de rencontre avec des lecteurs occasionnels. A chaque fois c'est une opportunité qui s'ouvre pour échanger, conseiller et faire part de mes propres "coups de coeur".
Ces "coups de coeur" que vous trouverez dans la rubrique Bouquintessences de mon site : http://www.lescribe.com
A bientôt pour une nouvelle chronique et/ou sur mon site.
Le Scribe
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| Présentation | Après avoir passé vingt-huit années - dont dix-huit à l'étranger - dans une banque, j'ai changé de vie fin 1995 : j'ai acheté la librairie Le Scribe à Montauban (Tarn-et-Garonne). Allez sur son site : http://www.lescribe.com vous y trouverez de nombreuses chroniques de bouquins : romans, polars, poches,...ainsi que des infos sur la vie du Scribe : rencontres, prix littéraires, jeux, ...
Ici je vous propose des "coups de coeur" et des "coups de gueule"...
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