cinq romans :
- Syngué sabour d'Atiq Rahimi (P.O.L. 158 p. 15 €) Prix Goncourt 2008. Une femme, au chevet de son mari dans le coma, laisse exploser ses frustrations. La réalité oppressante d'une certaine réalité de l'Islam.
- Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès. (Zulma. 779 p. 24,50 €) Prix Médicis 2008. Une grande fresque romanesque où cinq histoires s'entremêlent dans un Brésil à la fois fascinant et inquiétant publié par une « petite » maison d'édition talentueuse et audacieuse.
- Le soldat et le gramophone (Wie des Soldat das Gramofon repariert) Saša Stanišić. (Traduit de l'allemand par Françoise Toraille. Stock (La Cosmopolite) 376 p. 21,50 €). Un roman à la Kusturica où l'humour, le burlesque abondent sur une toile de fond dramatique :
la destruction d'un pays par la guerre civile.
- Le tigre blanc (The White Tiger) Aravind Adiga. (Traduit de l'anglais (Inde) par Annick Le Goyat. Buchet-Chastel. 320 p. 22 €). Un roman décapant avec un portrait dévastateur des traditions culturelles d'une Inde où de nos jours il ne reste que deux castes : Les Gros Ventres et les Ventres Creux. Et deux destins : manger ou être mangé. Se lit d'un trait. A obtenu le Booker Price 2008.
- La Peur. Gabriel Chevalier. (Le dilettante. 350 p. 22 €). Un très grand livre sur la guerre de 14-18. Le narrateur nous fait part de ce qu'il voit, ressent, éprouve, pense. Nous sommes à ses cotés, corps et âme. Lui qui voit dans la guerre un spectacle le plus extraordinaire de l'époque, lui qui est déçu une fois au front de remplir le rôle d'un terrassier exposé et passif, connaîtra sous les obus la Peur. Un livre poignant d'une force peu commune formidablement écrit.
plus deux :
- Dans les veines ce fleuve d'argent (Nelle vene quell'acqua d'argento) Dario Franceschini. Traduit de l'italien par Chantal Moiroud. L'arpenteur (Gallimard). 152 p. 13 €. Une première phrase énigmatique - Il avait toujours confondu le silence avec le froid - capte immédiatement l'attention. Tout comme la démarche de Primo qui, quarante années après, va à la recherche de Massimo pour lui donner la réponse à la question que ce dernier lui avait posée. Ce roman au réalisme magique vibrera longtemps dans la mémoire de son lecteur. Une pépite !
- Le voyage dans le passé (Widerstand Der Wirklichtkeit). Stefan Zweig. Traduction de Baptiste Touverey suivie du texte original allemand. Grasset. 174 p. 11 €. Une nouvelle inédite de Zweig qui réjouira les amateurs de ce grand analyste des sentiments et donnera à ceux qui le découvriront l'envie de lire ses autres romans.
Et des polars ? me direz-vous.
- Les feuilles mortes (Red Leaves) Thomas H. Cook. Traduit de l'américain par L. Gallimard (Série noire). 276 p. 22,50 €. Un père se met à douter de l'innocence de son fils et plonge dans la spirale destructrice de la suspicion. Un excellent polar psychologique.
- Faux coupable (The Wrong man) John Katzenbach. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-Charles Provost. Presses de la Cité. 474 p. 21 €. Elle passe une nuit, pour elle sans lendemain avec lui. Lui s'avère être un amoureux obsessionnel doublé d'un criminel fou et diabolique. Terrifiant !
- Le quatrième homme (Den Fjerde Raneren) Kjell Ola Dahl. Traduit du norvégien par Alain Gnaedig. Gallimard (série noire) 368 p. 22 €. Une femme manipulatrice entraîne la chute d'un flic dont nous suivons les errances, les beuveries, les insomnies et les efforts pour assembler les pièces d'un puzzle qui le dépasse, dans le froid et le noir de l'hiver norvégien.
Tous ces livres, et bien d'autres, chroniqués sur notre site www.lescribe.com
Belle faim d'année. |